nucleaire

Les centrales nucléaires sont issues de technologies très spécifique. Programmées pour durer environ 60 ans, leur démantèlement nécessite une préparation importante, ainsi que de gros coûts. Retour sur ce processus complexe.

Le vieillissement du parc nucléaire européen fait du marché des démantèlements de centrales nucléaires une filière pleine d’avenir, qui devrait générer des milliards d’euros dans les années à venir. Un secteur bien spécifique aux règles strictes.

En France, aucune centrale nucléaire n’a encore jamais été arrêtée complétement. En revanche, les exploitants se servent du retour d’expérience des États-Unis, où des centrales sont déjà allées au terme de leurs démantèlements, pour optimiser le processus de déconstruction.

La déconstruction d’une centrale nucléaire se divise en trois phases :

-Mise à l’arrêt définitive. Cette étape consiste à décharger le combustible et à vidanger les circuits des réacteurs. A l’issu de cette étape, 99,9% de la radioactivité est évacuée du site.

-Démantèlement partiel. Mis à part le bâtiment réacteur, tous les équipements et bâtiments sont démontés lors de cette phase. Parallèlement, le conditionnement et l’évacuation vers les centres de stockage sont réalisés. Les exploitants ont l’obligation légale de réaliser ce démantèlement partiel avant les 10 ans suivant la mise à l’arrêt des réacteurs.

-Démantèlement total. Il s’agit de démonter entièrement le bâtiment réacteur et d’évacuer les derniers matériaux et équipements radioactifs. Cette ultime étape s’étale sur une période de 10 ans.

Si de nombreux débats sont en cours au sujet du coût du démantèlement, une chose est sûre : l’age du parc européen imposera bientôt d’importants investissements dans le démantèlement des centrales.

Ainsi, en 2004, une étude de la Commission européenne précisait que d’ici à 2025, entre 50 et 60 réacteurs parmi les 155 actuellement en activité en Europe devront être démontés.

La Cour des comptes a estimé que le secteur du démantèlement des centrales nucléaires représenterait 18,4 milliards d’euros lors des prochaines années. De son côté, le cabinet de conseil Arthur D. Little parle d’un marché de 220 milliards d’euros dans le monde sur 20 ans.

D’ailleurs, dans l’objectif de développer cette filière d’avenir, l’exploitant français EDF a lancé, dès 2001, une cellule spécialisée dans les opérations de démantèlement qui dispose désormais de 500 employés, le Centre d’ingénierie déconstruction et environnement (CIDEN).